Il y a onze ans et un peu moins d’un mois…

A l’époque j’étais encore au collège et j’y comprenais pas grand chose. Le matin en arrivant en cours d’histoire géo on nous a dit qu’il n’y aurai pas cours, et on nous a forcé à descendre, tous les collégiens et lycéens du lycée Clemenceau de Sartène, devant la sous Préfecture située 40 mètres plus bas pour y observer une minute de silence. Certain avaient même la main sur le coeur… Ca ne faisait que quelques heures que le préfet Erignac s’était fait tuer et ca me gonflait déjà… J’ai trouvé la tournure des choses assez abusée, ça en devenait presque un catinacciu… Une foule agglutinée sur la route, comme une demande de pardon collective devant la sous préfecture.

Plus tard un nom était jeté en pâture aux media, celui d’Yvan Colonna, de son nom médiatique “Le berger de Cargèse”. Puis un enchaînement d’évènements à sa charge, une cavale, une lettre d’excuses de son père destinée à la veuve Erignac… Et pourtant, j’aurai fait pareil à sa place… Le pseudo ersatz de Justice franco-française étant ce qu’il est… On exécute un homme parcequ’il portait un pullover rouge (remember Ranucci guillotiné en 1976 pour un crime dont on attribuera les faits à Fourniret en 2006), on fait croupir des innocents en prison sans aucune preuves brisant par la même une quinzaine de familles (remember Outreau), on passe 5 ans en prison dans l’attente de son procès pour se faire acquitter puisqu’innocent… Me sachant recherché j’aurai pris la fuite… Et très franchement, qui aurait-été assez naïf et con (et les mots sont bien faibles), et à fortiori en Corse, pour se livrer en disant : “Je suis innocent et je remets toute ma confiance en la Justice” dans une affaire pareil ?!

Puis vint le moment où il se fit attraper, et en même temps on raffla beaucoup de ses proches. Sarkonimbus fit l’annonce publique et très hâtive de son arrestation tout en estropiant son prénom et en oubliant le principe constitutionnel de la présomption d’innocence.

Commença alors ce qui est probablement la plus pitoyable procédure judiciaire de toute l’histoire nauséabonde de la France. Des dossiers bidons, une cours d’assise spéciale (évidemment) , une procédure à charge (évidemment) et surtout une volonté politique de voir Yvan coupable d’un meurtre qu’il clâme haut et fort depuis le début et sans faillir n’avoir pas commis. Le médecin légiste affirme que, selon la trajectoire de la balle et l’angle de pénetration du projectile, Yvan Colonna est trop petit pour avoir tiré. Deux témoins occulaires affirment qu’Yvan Colonna n’est pas la personne qui a tiré sur l’ancien préfet… Aucun élement à charge pour l’accusation, aucune preuve tangible et en fait, aucune preuve du tout et pourtant une condamnation à perpétuité.

Aujourd’hui, date anniversaire de la mort d’Erignac, en pleine instance d’appel, le procès subit d’énormes rebondissements. La partie civile ainsi que le président de la cour cachent délibérément des informations, s’attaquent sans fondement au CV de l’expert balistique en charge de réévaluer les circonstances de la mort de la victime afin de le discréditer, discréditent aussi les témoins oculaires ne reconnaissant pas Yvan Colonna comme l’assassin… Et ça devient de plus en plus burlesque… Cependant, aujourd’hui, les media font éclater (ce que nous savions déjà ici) en France profonde le fouillis total de cette procédure et la volonté politique de voir Yvan coupable. Un soupçon d’espoir de le voir libérer renaît en nous, bien que notre soutien fusse toujours inébranlable.

Voir la fantastique intervention de Jean Michel Apathie sur le plateau du Vrai Journal de Canal + http://player.canalplus.fr/#/220729 (prendre à 7min15) et lire ses articles sur son blog :

http://blogs.rtl.fr/aphatie/index.php/post/2009/03/04/proces-Colonna:-presomption-de-culpabilite-ou-presomption-dinoncence-04/03

 http://blogs.rtl.fr/aphatie/index.php/post/2009/03/05/Le-proces-Colonna-parce-que-cest-important-05/03

L’affaire Erignac est probablement la plus médiatique du XXè siècle en France. Et pourtant, presque quatre ans plus tôt, jour pour jour (à deux semaines près en fait), Yann Piat, députée française, élue du peuple et non pas prévôt nommé par le Reich, se faisait assassiner… Piste maffieuse, piste politique… l’affaire fut vite bouclée (4 mois plus tard), vite classée dans la voie maffieuse alors qu’une lettre de la victime écrite plus tôt avait été découverte. Une lettre mettant en cause des personnalités comme Maurrice Arreckx (alors sénateur et président du Conseil Général du Var) ou Bernard Tapie entre autre personnalités politiques, en cas de mort inexpliquée… Byzarrement quand deux journalistes du Canard Enchaîné reprennent l’enquête trois ans plus tard et posent en commanditaires François Léotard et Jean Claude Gaudin (Alors Président du Conseil Régional du PACA et Sénateur), le Canard baisse le pantalon et limoge ses journalistes…

La raison d’Etat est forte mais notre soutien est indéfectible et inébranlable. J’ai l’espoir de vivre assez longtemps pour assister au jour où l’Etat français répondra de son regne de terreur, de ses crimes, exactions, violences (… la liste est très longue) devant la Nation Corse.

J’adresse mon plus sincère soutien à Yvan Colonna, sa famille et ses proches, ainsi qu’à tous les prisonniers politiques innocents (cad tous) croupissant dans les geôles françaises. Car il n’y a pas de culpabilité dans un acte de Résistance, que la culpabilité n’est déterminée que par la loi du plus fort et que l’histoire est écrite par ceux qui ont pendu les héros.